Au-delà d'une apparence d'organisation
Il arrive assez fréquemment que l'on croie qu'il n'y a rien à faire avec les salariés de telle ou telle entreprise parce qu'un syndicat y est présent ou qu'un comité d'entreprise est en place et que, donc, le terrain serait occupé. Rien n'est moins sûr.
Le comité ou le syndicat peuvent être apathiques, purement formels, et les salariés handicapés par cette pseudo-assistance qui sert à faciliter l'obtention par l'employeur de complaisance. Mais peut-être le délégué syndical en question ou les élus du personnel sont-ils tout simplement en difficulté parce que isolés, peu soutenus, peu formés. Dans ces cas-là, salariés et élus ne sont pas réellement organisés. Leur existence est fragile, éphémère.
On peut remarquer à ce sujet que l'on entend souvent les patrons dire qu'ils veulent bien le dialogue, mais plutôt avec des élus guimauve.
Il est donc vital d'apprendre à s'organiser. S'organiser ne s'improvise pas, la spontanéité ne suffit pas. L'enthousiasme, le dynamisme, la créativité donnent de la force, enrichissent un processus d'organisation, mais l'espace et le climat de l'entreprise, le droit ne permettent pas de faire n'importe quoi, et il n'y a pas vraiment d'indulgence pour les erreurs, toujours possibles.
Il est nécessaire de constituer une force collective, solidaire, pour obtenir des améliorations ou pour faire cesser des menaces. Cette force collective doit être autonome par rapport à l'employeur. D'ou la nécessité de se former Ce doit être l'affaire des travailleurs et non celle d'une amicale, d'un réseau, d'un syndicat maison au service du patron ou dont celui-ci se sert pour faire admettre ses décisions. Les employeurs, avec certains syndicats, installent une pseudo-fondation représentative du personnel en utilisant la faiblesse, la naïveté ou même la bonne volonté de quelques salariés. On le sent, il s'agit beaucoup plus dans ce cas d'une mise en scène, d'une instrumentation, d'un détournement des droits des salariés.
DEFENSE CGT
